Rêverie pour des enfants malades

HÔPITAL Une fois par mois, des conteuses de la Louvrée font un tour en pédiatrie

DELPHINE WILLEMIN, journaliste à l'Express, a rencontré Anne Marie Broi, Michèle Brandt et Martine Flaig, trois des conteuses qui participent au projet HNE, conter à l'hôpital.

Voici un extrait de son article paru le 18 août 2014.

 

Profiter d’un moment de rêverie lorsque l’on est cloué dans un lit d’hôpital, c’est possible. Sous  l’égide du Mouvement des aînés, des conteuses de la Louvrée proposent des animations aux enfants du service pédiatrique de l’Hôpital neuchâtelois (HNE), une fois par mois, depuis février.
Ce nouveau programme est à l’essai jusqu’au début de l’année prochaine. S’il porte ses fruits, il sera pérennisé.
Arborant un sourire malicieux, Martine Flaig et son acolyte Michèle Brandt arrivent à Pourtalès en ce début d’après-midi. Dotées d’une longue expérience de conteuses, les deux dames ont plein d’idées dans leur besace pour offrir un moment de répit et de divertissement aux enfants qui seront là pour les écouter aujourd’hui.
Car à chaque fois, c’est un peu la surprise. Un brin de fraîcheur.
Tous les deuxièmes jeudis du mois, la conteuse attitrée lance un coup de fil à l’infirmière cheffe du service de pédiatrie de l’HNE. Elle vérifie si des enfants sont disponibles pour l’activité. Les jeunes malades doivent être en état d’accueillir des conteuses, donc ni au bloc opératoire, ni intubés ou pris par d’autres soins. Flexibles, les conteuses s’adaptent au quotidien du service, entre urgences et malaises potentiels.
Aujourd’hui, un petit garçon de cinq ans les attend. Sa maman et son petit frère sont présents. Au chevet de son lit, Martine Flaig offre une prestation très vivante du conte «Les ânes aiment les carottes». Le petit garçon est visiblement captivé. Il s’amuse. Sa maman aussi! Puis, Michèle Brandt lui conte «Pourquoi les chiens détestent les chats et les chats détestent les chiens».

Les intervenantes choisissent elles mêmes les contes, en s’adaptant à l’âge des enfants. En plus de raconter une histoire, elles miment, ajoutent des mimiques et un grain de folie. La formule fait mouche. «Les histoires d’animaux, ça fonctionne toujours bien», note Anne-Marie Broi, qui fait le lien entre les conteuses et le personnel de l’institution.
«On privilégie des histoires gaies, avec de l’humour, des rires. On ne vient pas ici pour raconter le Petit Poucet.» Avant chaque rencontre, les aînées sont briefées sur la situation des enfants, toujours dans le respect du secret professionnel.

«On est émerveillé par l’accueil des enfants.Ça leur apporte un brin
d’air frais durant leur passage à l’hôpital», note Anne-Marie Broi.
Toutefois, les conteuses sont conscientes qu’il faut parfois accepter
des refus, si les enfants n’ont pas la tête à cela. Depuis le lancement
du programme, les dames de la Louvrée ont déjà offert de l’animation à une vingtaine d’enfants, de 4 à 14 ans. Si ces échanges ont du succès, c’est aussi en tant que trait d’union entre les générations.
Retraitées pour la plupart, expérimentées, les sept conteuses bénéficient d’une écoute attentive des enfants. Une forme de respect.
La démarche proposée par la Louvrée a séduit l’hôpital, qui est d’emblée entré en matière. Pourtant, régulièrement sollicitée pour des animations, l’institution ne dit pas toujours oui. Au-delà de la Louvrée, seuls la fondation Théodora et le Chariot magique interviennent en pédiatrie.
«Nous avons jugé ce concept solide et bien ficelé, on pouvait facilement
se l’approprier», explique Nicole Müller, l’infirmière cheffe du service de pédiatrie. «Le fait que les conteuses sont formées a aussi joué unrôle.Car la bonne volonté ne suffit pas. Ce n’est pas parce qu’on intervient auprès d’enfants qu’on ne doit pas être professionnel.» Les intervenantes ont toutes suivi une formation de conteuse,d’autres formations   spécifiques  et un suivi avec une infirmière du Centre hospitalier universitaire vaudois, sont aussi prévus dans le concept.

Pour offrir une sensibilisation aux aspects psychologiques de l’hospitalisation d’enfants.
Bilan de cette phase test au printemps prochain, en vue d’une mise en place à long terme.

 

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